Le garage aux yeux rouges

Nous l’avions repéré depuis la  route. Google earth nous l’avait confirmé : c’est un immense garage à l’abandon. Sur les barrières, des panneaux nous informent d’un arrêté préfectoral  ayant mis fin à l’activité du lieu il y a 6 mois. De l’extérieur, tout semble figé depuis, des les voitures intactes dans la cour, jusqu’à l’immense porche ouvert d’où on s’attend à entendre des bruits de moteur. Devant le portail, une voiture garée nous intrigue. D’une part par le simple fait qu’elle soit garée là, et surtout parce que ses plaques d’immatriculation sont différentes à l’avant et à l’arrière. Nous nous attendons à trouver quelques pilleurs ou ferrailleurs sur notre spot… mais il en faut plus pour nous décourager. Nous entrons donc, facilement, sautant une première barrière puis enjambant un grillage.




Un premier vaste hangar, aux forts relents d’essence, ne contient plus rien, ou du moins plus grand-chose. Devant, des voiture, encore en bon état, semblent attendre leur tour pour être réparées. Certaines sont visiblement accidentées, d’autres semblent encore rutilantes. Un robinet goutte abondamment, depuis au moins 6 mois donc ?


Nous poursuivons notre visite vers le second hangar, le plus vaste, de plusieurs étages, abritant de nombreuses voitures, des pièces dans tous les sens, des engins de chantier, un vieux bus…  Magistral spot. La visite s’annonce longue et riche en détails.



Jusqu’au moment où nous entendons une voix… Un homme aux yeux rouges surgit des hauteurs du garage, nous demandant qui nous sommes et menaçant d’appeler la police. Parvenant vaguement à l’amadouer en expliquant notre démarche, il est possible que nous en ayons trop fait. Lorsque nous lui avouons à quel point les lieux à l’abandon offrent une esthétique qui nous fait kiffer, nous manquons d’assister à une sortie d’orbite de ses globes oculaires. Lui, propriétaire désespéré d’un garage désaffecté, ne voit pas ce qu’on peut trouver de beau dans cette déchéance. Et nous conseille de changer de hobby. C’est donc sous son regard hébété que nous faisons marche arrière, passant le grillage puis escaladant la barrière, déçues de n’avoir pas pu terminer notre exploration.

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